Cancérologie pelvienne et état pré- cancéreux

Les cancers gynécologiques pelviens et les états de pré-cancer peuvent concerner :

  • l’endomètre,
  • les ovaires
  • le  col utérin
  •  la vulve et le vagin.

 

 

La prise en charge est très variable en fonction du type de cancer (ou de pré-cancer) et de son état d’avancement. La chirurgie reste le plus souvent la pierre angulaire du traitement. Après la chirurgie, une analyse sous microscope est réalisée de l’ensemble des tissus ayant été retirés par le chirurgien. Cette analyse est réalisé par un médecin appelé anatomopathologiste, et les résultats conditionnent la suite du traitement. Une consultation post opératoire est prévue environ une quinzaine de jour après la chirurgie ou les résultats vous seront expliqués ainsi que les traitements proposés.

Tous les dossiers de cancérologie sont présentés en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire de la clinique Charcot. Cette réunion regroupe des médecins issus de spécialités différentes (chirurgien, chimiothérapeute, radiothérapeute, radiologue, anatomopathologiste,…..). Les différents éléments du dossier sont analysés, et les traitements proposés (appelés « adjuvants ») sont personalisés en fonction des situations. En fonction des cas, ces traitement peuvent être de la chimiothérapie, de la radiothérapie voire parfois de refaire une 2ème opération. L’ensemble de ces traitements peuvent être réalisés sur le site de la clinique Charcot, simplifiant ainsi vos déplacements.

L’endomètre est la tapisserie qui recouvre l’ensemble de la cavité utérine. Le cancer de l’endomètre est le cancer de la sphère gynécologique le plus fréquent, après le cancer du sein. Il est souvent découvert suite à des saignements génitaux anormaux, comme par exemple des saignements survenant après la ménopause. Parfois, le cancer est découvert uniquement en raison d’une anomalie vue lors d’une échographie de l’utérus.

Le diagnostic pour être confirmé nécessite toujours une analyse sous microscope d’un prélèvement d’endomètre, qui permet de faire la différence entre un cancer invasif et un simple état de pré-cancer. Ce prélèvement peut être réalisé soit durant la consultation grâce à un petit dispositif introduit dans l’utérus et réalisant une biopsie « à l’aveugle » de l’endomètre  soit durant une hystéroscopie avec une biopsie qui est alors guidée grâce à la vision de l’hystéroscopie.

Une fois le diagnostic confirmé, un bilan radiologique par IRM permet de préciser le traitement. Le traitement repose avant tout sur la chirurgie, éventuellement consolidé par la suite par de la radiothérapie. Une chimiothérapie est possible mais reste assez rare. Ainsi la prise en charge vise à permettre une guérison de la maladie tout en minimisant les effets secondaires.

La chirurgie d’un cancer de l’endomètre comporte habituellement l’ablation de l’utérus et des ovaires (appelée hystérectomie avec annexectomie bilatérale). Un geste sur les ganglions du pelvis et du ventre peut être nécessaire afin de connaitre l’extension éventuelle de la maladie aux ganglions. Le plus souvent l’opération est réalisée par coelioscopie, ce qui permet de diminuer la période de convalescence. Cependant, il peut parfois être nécessaire de la faire après ouverture du ventre, c’est à dire une laparotomie.

Parfois, en fonction de l’âge de la patiente et du stade de la maladie, il peut être possible de conserver les ovaires, voir même dans certaines situations très particulière de garder l’utérus pour un projet de grossesse future.

Pour en savoir plus: site de l’Inca

Le plus souvent, les anomalies du col de l’utérus sont diagnostiquées à l’état de pré-cancer grâce au suivi gynécologique et au frottis cervico-vaginal de dépistage. C’est pourquoi le nombre de nouveaux cas de cancer invasif du col de l’utérus diminue régulièrement en France.

Ainsi les anomalies découvertes au frottis cervico-vaginal sont le plus souvent en rapport avec un état de pré-cancer. Cet état de pré-cancer  est appelé dysplasie, ou CIN, et est souvent en rapport avec une infection par un virus appelé virus HPV (dont une vaccination est actuellement possible et recommandée chez les jeunes filles). Le frottis cervico-vaginal permet de suspecter une anomalie au niveau du col utérin, et cette anomalie est précisée par un examen du col de l’utérus à l’aide d’une loupe : il s’agit d’une colposcopie qui se pratique comme un examen gynécologique habituel (plus d’information sur le site du CNGOF). Un prélèvement est réalisé sur les zones ciblées par la colposcopie qui permet de préciser l’avancement  de la dysplasie. Le traitement est variable en fonction de cet avancement. Il peut aller d’une simple surveillance (car une guérison est souvent possible dans les cas débutants) à une destruction par laser des anomalies ou encore à une ablation chirurgical du col (appelé conisation) qui se réalise par les voies naturelles.

Dans les cas plus avancés, au stade de cancer, plusieurs traitements sont disponibles. Si une chirurgie est le plus souvent nécessaire, le traitement repose aussi beaucoup sur de la radiothérapie +/- chimiothérapie.

La chirurgie d’un cancer invasif du col de l’utérus comporte habituellement l’ablation de l’utérus et des ovaires (appelée hystérectomie avec annexectomie bilatérale). Un geste sur les ganglions du pelvis et du ventre peut être nécessaire afin de connaitre l’extension éventuelle du cancer aux ganglions, et ce geste est parfois réalisé en premier afin de guider les autres traitements comme la radiothérapie. En fonction de l’âge de la patiente et du stade de la maladie, il peut être possible de conserver les ovaires, voir même dans certaines situations très particulière de garder l’utérus pour un projet de grossesse futur.  Le plus souvent l’opération est réalisée par coelioscopie, ce qui permet de diminuer la période de convalescence.

Pour en savoir plus: site de l’Inca

Le cancer de l’ovaire est souvent diagnostiqué à un stade avancé. Cependant, le diagnostic peut parfois être fait précocement, principalement dans deux situations : la découverte lors de la prise en charge d’un kyste de l’ovaire atypique et la découverte inattendue après la réalisation d’un geste préventif d’ablation des annexes.

La prise en charge d’un kyste de l’ovaire atypique est toujours chirurgical afin de permettre une analyse précise sous microscope du kyste. Le geste se réalise le plus souvent par cœlioscopie, mais une laparotomie est parfois nécessaire en cas de volume important de la lésion. Si le diagnostic de cancer (ou de pré-cancer) est confirmé, une nouvelle intervention chirurgical est nécessaire afin de retirer les organes connectés avec les ovaires (utérus, trompes,…) et de faire un geste sur les ganglions du ventre et du pelvis pour savoir s’ils sont atteints par la maladie.

Parfois, afin d’éviter d’avoir un cancer de l’ovaire, un geste préventif d’ablation des annexes peut être proposé: on parle alors d’annexectomie prophylactique. Ce geste est souvent recommandé en cas de haut risque familial de cancer de l’ovaire dans le cadre d’une mutation génétique, le plus souvent en rapport avec le gène BRCA (mais d’autre gène sont possibles). Il s’agit  d’une intervention courte et très bien codifié qui protège à 98% du risque de cancer ovarien, habituellement réalisée par coelioscopie. Cette intervention entraine par contre une ménopause : un traitement hormonal peut être proposé par la suite afin de lutter contre les symptômes de la ménopause si ceux-ci sont invalidant (et en l’absence de contre indication).

Cependant, le plus souvent, le diagnostic de cancer de l’ovaire est fait à un stade avancé appelé carcinose péritonéale. Ce diagnostic est suspecté sur les examens d’imagerie (échographie abdominale et scanner), mais doit souvent être confirmé par une cœlioscopie. Celle-ci permet de diagnostiquer avec précision l’étendue de la maladie ainsi que le type exact de cancer en réalisant des biopsies. Le traitement est ensuite adapté en fonction de l’étendue de la maladie dans le ventre : une chirurgie peut être réalisée d’emblée mais souvent une chimiothérapie est proposée en premier lieu afin de réduire la maladie. La chirurgie, quand elle est réalisable, doit retiré l’ensemble des organes touchés dans le ventre (en fonction des situations : utérus, ovaire, rectum, bout d’intestin,…). Cette intervention est habituellement réalisée après une ouverture complète du ventre par laparotomie. La période de convalescence est souvent longue, et une chimiothérapie vient habituellement compléter le traitement.

Pour en savoir plus: site de l’Inca

Les anomalies de la vulve peuvent être diagnostiquées à l’état de pré-cancer, comme par exemple la maladie de Paget vulvaire ou le lichen scléreux. Le traitement peut alors être uniquement l’application de pommade, mais dans certaines situations il faut avoir recours à une ablation chirurgicale des lésions. A ce stade de pré-cancer, l’objectif des traitements est d’éviter qu’un cancer se développe.

Quand le diagnostic est réalisé au stade de cancer invasif, la chirurgie doit être réalisée afin de retirer largement la lésion. En fonction des situations, la région vulvaire doit être retirée partiellement (on parle de vulvectomie partielle) ou en totalité (on parle de vulvectomie totale), et un geste sur les ganglions de l’aine doit être réalisé dans le même temps. Il existe souvent des difficultés de cicatrisation, et des pansements prolongés peuvent être nécessaires.