Chirurgie sur l’utérus et les annexes

 

L’utérus est un organe creux, dont la cavité est virtuelle en l’absence de grossesse. L’endomètre, sorte de tapisserie à l’intérieur de cette cavité, est responsables des saignements menstruels (« les règles »). Les annexes de l’utérus sont représentées par les ovaires et les trompes. Les ovaires permettent de produire des ovules qui pourront ensuite éventuellement être fécondés et devenir un embryon. Cette fabrication d’ovule est régulée selon un cycle, et les hormones féminines fabriquées par l’ovaire pendant ce cycle permettent d’harmoniser l’ensemble de l’appareil génital en vue d’une éventuelle grossesse. L’ovule, une fois libéré de l’ovaire (pendant l’ovulation) est ensuite capté par les trompes où il est fécondé par les spermatozoïdes (qui passent par le col de l’utérus). Le futur embryon ainsi fécondé migre ensuite pour rejoindre la cavité utérine dans laquelle la grossesse se développera.

 

Cette fabrication d’ovules et d’hormones féminines se passe jusqu’à la ménopause, qui marque la fin de l’activité ovarienne.

Chacun de ses éléments de l’appareil génital de la femme peut être touché par différentes pathologies, pouvant être responsable d’une gêne parfois importante. De nombreux symptômes peuvent conduire à diagnostiquer une pathologie de l’utérus ou des annexes : règles abondantes et/ou prolongées en cas de polypes, de fibrome ou d’adénomyose, sensations de pesanteur pelvienne et/ou problème urinaire ou rectal en cas de fibrome, règles très douloureuse et/ou difficultés pour tomber enceinte dans l’endometriose, douleurs pelviennes en cas de kystes de l’ovaire,…

Chirurgie sur l’utérus

L’ablation de l’utérus est appelé hystérectomie. On parle d’hystérectomie totale quand le col de l’utérus est retiré dans le même temps. L’hystérectomie est une opération qui peut être réalisée par de nombreuses façon différentes : par voie vaginale, par cœlioscopie ou encore par laparotomie. On parle de voie d’abord. L’hystérectomie entraine un arrêt total et définitif des règles dans 100% des cas. Par contre, même s’il n’y a plus de règle, la patiente ne devient pas pour autant ménopausée : on parle de ménopause uniquement quand les ovaires arrêtent de produire les hormones féminines. C’est ce manque d’hormone qui est responsables des différents symptômes qui peuvent être associé à la ménopause : bouffée de chaleur, sécheresse des muqueuses, prise de poids,trouble de l’humeur,…. Ainsi, si les ovaires sont laissés en place, la ménopause s’installera de manière naturelle comme si l’utérus était présent.

De nos jours cependant, en cas de pathologie sur l’utérus, l’hystérectomie n’est pas toujours nécessaire. De nombreuses opérations alternatives ont été développées afin de pouvoir conserver l’utérus, en fonction de la pathologie présentée.

Ainsi, en cas de fibrome, il peut être possible de le(s) retirer tout en laissant l’utérus en place : on parle de myomectomie. Cette opération peut se faire par de nombreuse voies d’abord, en fonction de l’endroit où est situé le(s) fibrome(s). Ainsi, si le fibrome est situé dans la cavité utérine, l’opération se passe par hystéroscopie et le fibrome est ensuite retiré par les voies naturelles en petit copeaux. Parfois, seul le vagin doit être ouvert pour isolé et retirer le fibrome : il s’agit de la voie vaginale. Les fibromes peuvent aussi être isolés et retirés en passant par la cavité abdominale, par coelioscopie ou laparotomie.

De même, si l’anomalie atteint seulement l’endomètre (qui est la tapisserie interne de la cavité utérine), il peut être possible de retirer uniquement de ce dernier tout en laissant l’utérus en place. On parle d’endométrectomie, qui se fait par hystéroscopie. Sous contrôle de la caméra introduite dans l’utérus, l’endomètre est complètement détaché des parois de l’utérus à l’aide d’un instrument très fin et retiré ensuite sous forme de copaux. Parfois, seule la partie malade de l’endomètre peut être retiré, notamment en cas de polype de l’endomètre.

Enfin il existe de nombreuses malformations possibles de l’utérus, pouvant gêner le bon développement d’une éventuelle grossesse. La malformation la plus habituelle est l’existence d’une cloison de l’utérus qui existe depuis la naissance, séparant l’utérus en 2 parties. Parfois cette cloison peut apparaitre suite à un traumatisme à l’intérieur de l’utérus (on parle alors de synéchie utérine). Une cure de cloison utérine ou de synéchie permet de rendre à la cavité utérine son aspect normal. Cette intervention se fait par hystéroscopie et consiste à couper cette cloison grâce à un petit appareil, le tout sous contrôle de la vue.

Chirurgie sur les annexes de l’utérus

Une annexe de l’utérus est l’ensemble formé par la trompe avec l’ovaire. L’utérus comporte ainsi deux annexes au total: une à droite et une à gauche. Les opérations réalisées sur les annexes de l’utérus sont le plus souvent pratiquée par coelioscopie. Cette cœlioscopie peut parfois être réalisée uniquement afin de vérifier si les annexes fonctionnent bien, en particulier en cas de difficulté à avoir des enfants (cela permet notamment de voir si les trompes de l’utérus ne sont pas bouchées): si une anomalie est observée, elle est alors traitée dans le même temps.

Dans certaines situations, il peut être nécessaire d’enlever la totalité de l’annexe (trompe et ovaire) : il s’agit d’une annexectomie, pouvant être réalisée d’un côté ou des deux à la fois. Cette intervention est souvent pratiquée pour une lésion suspecte de l’ovaire (comme certains kystes de l’ovaire) pour laquelle il n’est pas souhaitable de conserver l’ovaire. Une annexectomie peut aussi être conseillée aux personnes en bonne santé mais présentant un risque augmenté d’avoir un cancer de l’ovaire dans l’avenir, à cause de leur histoire familiale et/ou d’une mutation génétique connue. Chez les patientes non ménopausées, l’ablation des deux annexes entraine la ménopause: les 2 ovaires ayant été retirés, ils ne produisent plus d’hormones féminine. Chez les patientes ménopausées, une annexectomie est habituellement sans conséquence.

 

Parfois, il est possible d’enlever uniquement une partie de l’annexe. Il est possible par exemple d’enlever juste l’ovaire en laissant la trompe (on parle d’ovariectomie), ou alors juste la trompe en laissant l’ovaire (on parle de salpingectomie). En cas de kyste sur un ovaire, on peut retirer le kyste de l’ovaire tout en laissant l’ovaire en place (on parle de kystectomie). Ces interventions chirurgicales ne sont pas plus faciles à réaliser ni moins lourdes qu’une annexectomie, mais elles permettent de conserver la fonction de l’organe ainsi préservé.

Ainsi, par exemple, la kystectomie ovarienne permet de retirer un kyste de l’ovaire tout en conservant l’ovaire. Cela est particulièrement utile chez les patientes jeunes, avec donc un éventuel projet de grossesse future. Une kystectomie permet de conserver l’ovaire, ce qui altère moins la fertilité de la patiente. L’ablation d’un kyste de l’ovaire permet d’une part de connaitre sa nature exacte (grâce à l’analyse du kyste qui est retiré, afin de s’assurer qu’il ne s’agisse pas d’une lésion de cancer ou de pré-cancer) mais aussi d’éviter que le kyste ne se complique (ce qui peut parfois entrainer des lésions importantes sur l’ovaire).