Prolapsus & incontinence

Chirurgie de la vulve et du périnée

Glandes de Bartholin, états précancéreux et cancers, malformations, séquelles post-traumatiques et réparation après mutilations génitales.

La vulve et la région périnéale sont composées de différents éléments anatomiques. Les grandes lèvres et les petites lèvres entourent la région vestibulaire, qui se poursuit en profondeur par le vagin. La lubrification de cette région est assurée par un ensemble de glandes, parmi lesquelles les glandes de Bartholin et de Skène. Ces dernières, bien qu’elles ne contribuent que de manière minoritaire à la lubrification vaginale, sont cependant fréquemment à l’origine de pathologies.

Schéma anatomique de la vulve : grandes et petites lèvres, clitoris, méat urétral, glandes de Skène et de Bartholin
Anatomie de la vulve et du périnée

Différents types de pathologies peuvent toucher cette région, dont les traitements sont spécifiques. Les malformations peuvent être présentes dès la naissance ou faire suite à un traumatisme. Le prolapsus génital, même s’il peut parfois modifier l’anatomie de cette région en s’extériorisant, est traité séparément.

Pathologie des glandes de Bartholin

Les glandes de Bartholin sont situées de part et d’autre de l’orifice vestibulaire, auxquelles elles sont reliées par un petit canal. En cas de gonflement, une tuméfaction apparaît à la partie basse de la vulve.

Lorsque ce canal s’obstrue, une infection peut parfois se développer au sein de la glande, formant un abcès responsable d’une douleur importante. Cet abcès doit alors être incisé afin de permettre l’évacuation du pus.

Si l’obstruction persiste sans infection, un kyste peut se former : il correspond à une tuméfaction molle, souvent peu douloureuse, à la partie basse de la vulve. Lorsque ce kyste persiste, devient gênant ou entraîne des abcès à répétition, l’ablation de la glande est réalisée au moyen d’une courte cicatrice. Ce geste n’a aucune conséquence sur la lubrification du vagin, celle-ci restant assurée par les nombreuses glandes accessoires environnantes.

État précancéreux et cancer de la vulve

Certaines anomalies de la vulve peuvent être diagnostiquées à un stade précancéreux : c’est le cas par exemple de la maladie de Paget vulvaire ou du lichen scléreux. Le traitement peut alors se limiter à l’application d’une pommade, mais un traitement chirurgical des lésions est parfois nécessaire. À ce stade, l’objectif est d’éviter l’évolution vers un véritable cancer.

Lorsque le diagnostic est posé au stade de cancer invasif, la chirurgie vise à retirer largement la lésion. Selon les situations, la région vulvaire est retirée partiellement (vulvectomie partielle) ou en totalité (vulvectomie totale), avec un geste associé sur les ganglions de l’aine réalisé dans le même temps opératoire. La cicatrisation peut être longue et des pansements prolongés sont parfois nécessaires.

Malformations

Certaines malformations de la région vulvaire peuvent entraîner une gêne dans la vie quotidienne. Les plus fréquentes sont la béance vulvo-vaginale, l’hypertrophie des petites lèvres et les cloisons vaginales. Une prise en charge chirurgicale peut être proposée selon les situations.

La béance vulvo-vaginale se définit par une ouverture excessive de la région vulvaire au repos. De l’air peut ainsi pénétrer puis s’évacuer spontanément lors de certains mouvements, responsable de bruits parfois gênants pour la patiente. Un inconfort lors des rapports sexuels peut également être présent.

L’hypertrophie des petites lèvres correspond à une taille des petites lèvres supérieure à la normale. Elle peut être source de gêne lors d’activités sportives, pour s’habiller ou lors des rapports sexuels. Selon l’intensité de la gêne et les conditions anatomiques, une prise en charge chirurgicale permet de faire disparaître ces symptômes.

Les cloisons vaginales sont le plus souvent longitudinales, c’est-à-dire qu’elles séparent le vagin en deux sur toute sa longueur, mais certaines malformations correspondent uniquement à un rétrécissement localisé. Ces anomalies peuvent être responsables de gêne lors des rapports sexuels, ou de difficultés lors d’un accouchement, en gênant le passage du bébé et en augmentant le risque de déchirure.

Séquelles post-traumatiques

La région vulvaire et périnéale peut également porter les séquelles de différents traumatismes. Une correction chirurgicale reste envisageable quelle que soit l’ancienneté du traumatisme.

L’accouchement est parfois responsable de déchirures importantes, pouvant laisser des séquelles : béance ou rétrécissement vulvo-vaginal, fistule vaginale (communication anormale entre deux organes, par exemple entre la vessie et le vagin). Selon les situations, une prise en charge chirurgicale peut être proposée.

Les mutilations génitales féminines (excision, infibulation…) sont responsables de séquelles chroniques dont la nature dépend du type de mutilation subie. Le clitoris n’étant jamais totalement réséqué, une réparation chirurgicale reste, dans la grande majorité des cas, envisageable.

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